Artifices

• Throwback •

Je crois qu’il est temps que je parles de ce mec.
C’est le genre de mec rare que l’on croise qu’une fois dans sa vie. Le genre de mec intriguant. J’ai cherché à le comprendre un million de fois. Mais j’ai jamais réussis et je crois que je n’y arriverais jamais.

Cela va faire pile un an que je l’ai rencontré. Enfin, je veux dire que je lui ai parlé. Et notre première discussion fut totalement inattendu. Il m’avait envoyé un message au beau milieu de la nuit alors qu’on ne s’était jamais adresser la parole, malgré que je le voyais tout les jours à l’université. A l’époque il était sois-disant gravement malade. Mais je crois avec le recule que la plus grande maladie qu’il avait été dans sa tête. Et qu’il cherchait de l’aide. De l’attention.

L’une des premières choses qu’il m’a dit, c’était qu’il m’admirait pour la capacité que j’avais de rester toujours positive devant chaque situation. Enfin, c’était quelque chose d’impossible à ses yeux, et je penses qu’il croyait que c’était seulement une apparence. Je crois que je l’intriguait. Par ma manière d’être. Et qu’il voulait comprendre comment je faisais, pour se sortir de sa dépression. Ou bien m’en dissuader, pour que je plonge avec lui.

La nuit de notre première discussion, on a parlé toute la nuit. Il m’a raconté toute sa vie, et toutes ses pensées les plus profondes. Alors qu’il ne me connaissait pas. Avec une telle légèreté déconcertante, que j’avais finis par lui livrer mes réflexions les plus intimes à propos de la vie. Cette nuit-là c’était la première fois que je parlais à quelqu’un capable de comprendre les questions que je me posais.

La deuxième chose qu’il m’avait dit, c’était qu’on se ressemblait énormément. Même si je ne le voyais pas encore.
A première vue, on était tout les deux hyper sociable. Ce genre de personne qui parle à tout le monde, qui est pote avec tout le monde, qui est tout le temps de bonne humeur, à faire la bonne blague au bon moment. Et pourtant. On était tout les deux passés par des moments difficiles dans nos vies. Mais on avait réagis totalement différemment.

Lui, il avait finis par se renfermer complètement face aux autres. Il n’aimait pas sa vie. Il me disait tout le temps qu’il était faux, que personne ne le connaissait vraiment. Qu’il mentait tout le temps à tout le monde. Et qu’il avait finit par se mentir à sois-même. Au point qu’il ne se souvenait même plus qui il était.
Il me disait qu’il était en pleine dépression. Qu’on lui avait conseillé de parler avec des gens qui n’avaient pas la même vision que lui. Qu’il avait immédiatement pensé à moi. Il me disait que j’étais différente, et que je l’attirais sans savoir pourquoi.

Quand on parlait, on avait l’impression de se connaitre depuis toujours, tout en étant de parfait inconnus.

Je ne comprenais pas pourquoi il se livrait autant à moi. Il me disait qu’il avait confiance en lui, mais qu’il n’avait confiance en personne d’autres.
Il me disait qu’il se posait trop de questions. Pourquoi est-ce qu’on vit ? Quel est le but ? De toute manière on va tous finir par mourir. Et il parlait tout le temps avec ce ton arrogant. Comme si rien ne pouvait le toucher. Et pourtant je voyais bien qu’il n’était pas bien, sans pouvoir l’aider.

J’essayais de lui donner mon point de vue. Avec tout l’espoir que j’avais de lui faire changer d’avis.

Il me disait que j’étais trop naïve face à la vie. Même si il accordait être trop pessimiste.

Je lui expliquais que je préférais encore y croire. Que je préférais ne pas avoir d’apriori sur les gens quand je les rencontrais, plutôt que de me méfier sous prétexte que certains m’avaient fait du mal par le passé. Que je ne voulais pas laisser les gens qui m’ont fait du mal, m’enlever aussi ma façon de voir les choses. Que sinon ça voulait dire que je les avais laissé gagné. Je lui expliquais que je vivais pour moi, et pas pour les autres. Et que si moi je ne croyais pas aux belles choses, personne n’allait le faire à ma place. Que je préférais vivre intensément, ressentir des choses à chaque étape de ma vie et prendre le risque d’avoir mal… plutôt que ne rien ressentir du tout. Je lui expliquais que j’avais conscience que parfois des choses horribles arrivaient. Mais que cela faisait parti du jeu. Que de toute manière, je n’aurais jamais voulu d’une vie parfaite et que c’était utopique. Que c’était justement parce-que la vie était imparfaite qu’elle était belle. Que les mauvais moments nous faisaient réaliser la beauté des bons. Que si tout était facile, on n’aurait goût à rien, on ne profiterait de rien. Que malgré tout, on vivait des trucs incroyables, et que ce sont ces moments-là qui doivent nous donner la force de se battre. Et que le fait de savoir que l’on va mourir un jour nous donnes une échéance. Un objectif à remplir en temps imparti.

Il comprenait ce que je disais la plupart du temps. Sans vraiment rien dire. Il me disait simplement qu’il n’était pas prêt.

On était complice. Mais j’ai toujours su que cela ne durerait pas éternellement. Je lui disais que malgré tout ce qu’il me disait, je le connaissais. Et qu’un beau jour il redeviendrait ce mec arrogant qui ne voit pas l’intérêt de me parler.

On était complice. Sans vraiment l’être. Il me racontait des choses très intimes. Sans tout raconter. Il s’amusait de voir que je ne pouvais pas le percer à jour. Après m’avoir laissé quelques indices. Il essayait de me manipuler. Il voulait de l’attention. Il voulait me prouver que j’avais tort de ne pas me méfier des gens tels que lui.

Aujourd’hui je comprends ce qu’il voulait dire quand il disait qu’on se ressemblait énormément. On n’est jamais vraiment ce que l’on prétend être.