Artifices

• Ma jolie boite •

Le week-end dernier j’ai ouvert ma boite.
Cette jolie boite où j’avais mis Eden et tout mes sentiments envers lui lorsque je l’ai quitté il y a six mois. Je crois que je n’avais pas eu le courage de les affronter ce jour-là, donc je m’étais dit que j’y penserai plus tard. Et ce jour est arrivé.

Après six mois d’hésitation, je lui ai donc envoyé un message pour lui demander de ses nouvelles. Juste des nouvelles. Faut croire que j’aurais peut-être dû attendre un peu. Parce-que tout nos souvenirs sont remontés à la surface. J’y ai pensé nuit et jour pendant une petite semaine. Puis je me suis dit que de toute manière je n’avais plus à rien perdre. Donc je lui ai demandé si il voulait qu’on se revoit. J’ai eu l’impression de jeter une bouteille à la mer. Pensant connaitre sa réponse, mais voulant en avoir le cœur net.

A ma grande surprise, il m’a proposé de venir passer le week-end chez lui "Je pense qu’on a des choses à se dire depuis le temps".
Et à ma grande surprise aussi, je lui ai répondu que je prenais mes billets de train. "Je pense que tu as raison."

Inutile de préciser que lorsque je me suis retrouvé dans le train samedi matin, je ne me suis pas senti bien du tout. Les questions se bousculaient dans ma tête. Et la seule chose à laquelle je pensais c’était "Tu es folle. Tu es folle. Tu es folle. Tu n’as pas parlé à cet homme depuis six mois, et tu t’apprête à faire 300km rien que pour lui."
En tout cas, ma fierté ne m’empêchera jamais de faire quoi que ce soit dans ma vie.

Quand je suis arrivée, mon cœur battait comme rarement j’ai pu le sentir battre comme ça.
"Salut. Tu vas bien ? - Oh disons que je me suis sentie déjà plus sereine dans ma vie. Mais à part ça, ça va. Contente de te voir."
J’ai toujours eu le don de détendre n’importe quelles situations.

On est donc allé boire un verre dans cette magnifique ville que je ne connaissais que depuis 10mn. Au départ plutôt silencieux, on a très vite essayer de rattraper le temps perdu. En se racontant nos derniers mois. Notamment les gens qu’on avait pu rencontré, et les relations qu’on avait entamées.

Puis on est rentré chez lui pour la soirée.
C’était comme si on ne s’était jamais quitté. Comme si il y avait toujours quelque chose dans l’air. Comme si on ne savait pas trop comment se comporter. Comme si on reprenait nos marques, tout en sachant que tant de choses avaient changées. Comme si on faisait un voyage dans le passé.
On s’est rapproché petit à petit dans la nuit. Jusqu’à se retrouver coller l’un en face de l’autre. Nos lèvres se touchaient sans bouger. Ni lui, ni moi, ne sachions si on voulait franchir le pas. Sûrement par peur de ce que cela aurait pu impliqué dans notre présent. Sûrement par peur de ne pas retrouver ce qu’on avait laissé la dernière fois.

On s’est embrassé.
Une fois.

"J’ai envie de toi. J’aimerais encore voire ton corps. ... Mais je ne peux pas."

Puis on a parlé (beaucoup). Et on a dormi (un peu). En s’enlaçant (tout le temps).

Au réveil il m’a pris dans se bras, puis il m’a dit "Je tiens dans mes bras un joli souvenir."
J’ai trouvé ça beau. Et j’ai compris.

Il m’a raccompagné jusqu’au quai pour prendre mon train. Les larmes ne me sont venus qu’une fois assise.

Je te remercie Eden pour ce week-end. Je te remercie de m’avoir permis de te dire au revoir. Je laisserais la boite entre-ouverte au cas où un jour tu souhaites l’ouvrir.